La spéléo scientifique :

La spéléologie n’est pas seulement une randonné souterraine. Elle est aussi une randonnée pédestre dans un milieu captivant et fascinant. Avant d’entamer le gouffre et les dédales souterrains, on traverse souvent des lieux fantastiques où on  rencontre des populations particulièrement  accueillantes, pour arriver à la porte des entrailles de la terre. De là, de merveille en merveille faites de citadelles de rêve, de temples énigmatiques et de monuments lustrés et façonnés goutte à goutte par l’écoulement des  eaux  pendant des  millénaires. 

La spéléologie est aussi une démarche de prospection, de découverte, d'exploration, d'observation, d'étude et de topographie des cavités. Ces espaces vides et loin des regards mais sensibles et vivants, renferment, en premier lieu, des trésors minéraux uniques et souvent plus que millénaires, ils stockent la quasi-totalité des eaux qui désaltèrent et arrosent tout le Maroc.
Nos cavernes sont de véritables thèmes d’étude scientifique : La température constante et l’absence d’érosion assurent la conservation de dépôts et sédiments qui, à la surface de la terre, disparaissent plus ou moins rapidement. Ces sédiments sont de précieux « documents témoins » du passé de notre terre. Ainsi, les archéologues trouveront rédigés dans le sous-sol de nos régions calcaires tous les chapitres de l’histoire de l’évolution de l’homme préhistorique et contemporain : Dar El Barode à Ben Slimane, Kahf Lahmam à Tafoughalt… Les paléontologues découvriront encore des ossements d’animaux anciens, tel l’ours des cavernes  qui se réfugiait à l’abri des cavités pour passer l’hiver voici plusieurs milliers d’années (Ghare Dbouba à Beni Mellal, Friwato à Taza…). Les biologistes exploreront nos sites souterrains pour y découvrir, à l’abri des influences extérieures, les secrets de l’évolution de la vie animale. Les sédiments, soigneusement analysés, peuvent livrer des informations capitales concernant les conditions climatiques et les formes de végétation qui recouvraient notre pays il y a plusieurs milliers d’années.
La vulgarisation de toute cette richesse ne peut donc qu’être utile au développement de nouvelles sciences dans nos universités et groupes de recherches.

La faune cavernicole du Maroc :
D’après le peu d’études réalisés dans ce domaine au Maroc, nous pouvons dire que cette faune se caractérise par un assez grand nombre d’espèces endémiques et de troglobies plus au moins évoluées. Cette faune remonte probablement aux périodes sèches du Tertiaire, 20 à 25 millions d’années, qui ont obligé les animaux hygrophiles, pour survivre, à chercher refuge dans les cavernes.
Le plus connu de cette faune cavernicole est la chauve-souris. Exceptionnel au sens étymologique du terme : c’est en effet le seul mammifère volant.
Combien de fausses légendes l’ont accompagné. Tantôt vampire, tantôt maléfique, tout fut dit sur cet animal inoffensif et fragile.
Il est donc temps de rappeler aux esprits douteux la réalité de cet oiseau qu’une rumeur malintentionnée appelle suceur de sang.
Les chauves-souris ne sont pas aveugles. Elles appartiennent à la chaîne biologique naturelle et sont très utiles pour l’environnement.
Dans notre pays, il y a 26 espèces de CHIROPTERES ou chauves souris. Dix neuf d’entre elles sont hôtes du domaine cavernicole, les autres ayant des meurs anthropophiles ou arboricoles. Mais toutes, quelque soit leur habitat, sont insectivores. Des fossiles retrouvés prouveraient que leur origine remontrait       à 50 millions d’années.
Plus redoutable que les pesticides qui font des ravages en Europe, la sorcellerie, chez nous, décime cette espèce, maillon de la chaîne naturelle, qui ne se nourrit que  d’insectes souvent nuisibles à l’homme et aux cultures. Son  guano peut également servir d’engrais. 
La faune dans sa diversité constitue une véritable richesse. Notre équilibre en dépend et nous avons donc une obligation morale et éthique à la protéger.

 



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