Le vandalisme

Dans des cavités aménagées ou faciles d’accès, à coup de pierres ou de burins, des mains vandales brisent et saccagent en quelques heures, le travail millénaire du temps. Le spectacle est désolant. Draperies, colonnes, voûtes dévastées. L’ornement de certaines grottes ressemble désormais à une dentition hideuse que nulle main ne peut plus réparer. Heureusement qu’à peine la lumière du jour absorbée par la profondeur des grottes, les  mains porteuses de coup, sont de plus en plus rares. Le vandalisme  s’arrête souvent, à la porte des cavités, gardiennes sourcilleuses  du lent et magique travail de l’eau dans                           les profondeurs secrètes de la montagne.
Les croyances ancestrales qui dressent l’obscurité et le noir cavernicole contre la curiosité ont  permis de préserver la beauté des grottes.
 
Déplore toutefois, le vide juridique que connaît, dans notre pays, la protection de ces sites et leur préservation.

Ignorance ou inconscience ? 
Entre montagnes et plaines arrosées de sources innombrables, AHERMOUMOU, connaît la croissance décousue des agglomérations délaissées.
Sur le toit du gouffre KEHF LAHMAM, là où il ne fallait pas, un quartier approximatif a surgi aux alentours. Le poids incontrôlé des constructions sur le toit du gouffre transformé en décharge, les eaux usées qui se déversent dans le gouffre, s’infiltrent dans le sol pour rejoindre les eaux de source utilisées par les riverains constituent une vraie menace pour la sécurité et la santé des gens.

L’utilisation accrue de ce milieu fragile nous préoccupe. Nous pensons qu’il est grand temps de  définir un code d’éthique qui doit être adopté aussi bien par le spéléologue marocain que par le visiteur occasionnel des cavernes.

Contribuer à la protection de ce monde unique et merveilleux appelle la création d’une instance nationale de spéléologie. Elle aidera ou incitera à envisager une éventuelle organisation de la discipline.

Plusieurs textes et décrets ont été promulgués pour la protection du patrimoine naturel et culturel au Maroc. Notre expérience sur le terrain nous a prouvé que toute cette législation n’est faite que pour l’opinion internationale et pour une éventuelle classification du pays sur l’chéquier mondiale de « bonne conduite ».

Sur le terrain la population directement concernée ignore tout des actions qui sont entreprises dans leur intérêt et l’intérêt du patrimoine naturel, alors que sans elle (la population riveraine des sites à protéger) rien ne peut être appliqué, et ce, quelque soit l’intérêt ou la portée de cette législation. Les exemples ne manquent pas.

 



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